30% des déplacements scolaires se font en voiture, et c’est encore beaucoup

De la maternelle au lycée, plus de 12 millions d’élèves vont et viennent à l’école le soir, chaque jour d’école. Si nous ajoutons 1 million de points de repère, cela donne un minimum de 26 millions de trajets, ce qui s’ajoute au volume déjà important des autres trajets quotidiens.

Ce n’est pas une mince affaire, y compris en termes d’empreinte carbone, alors qu’une grande partie de ces trajets scolaires à domicile, bien que courts, se font en voiture, souligne EcoCO2. Le bureau d’études pilote le programme Moby qui accompagne les collectivités et les écoles dans les plans de déplacements scolaires (PDES). Le but : tout faire pour que le trajet jusqu’à l’école se déroule dans la fluidité, et non en voiture. Alors que s’ouvre vendredi la Semaine européenne de la mobilité, Bertrand Dumas, responsable du programme Eco CO2 de Moby, explique les enjeux de la résolution de ce problème.

Comment fonctionne ce trajet de la maison à l’école pour les 26 millions de Français d’aujourd’hui ?

On estime qu’entre le quart et 30 % de la part est constituée du transport collectif et du transport scolaire. Selon les années, le taux oscille entre 25 et 28 %. Le vélo et toutes les formes de déplacements actifs dont on parle de plus en plus (scooter, skateboard, etc.) restent marginaux. Environ 3 à 4 %. Ensuite, il y a le véhicule qui a été choisi pour plus de 30 % de ces déplacements, dont seulement 1 % pour un usage motorisé.

Ainsi 70% des trajets domicile-école se font en mode doux… Pas si mal, non ?

On peut voir les choses ainsi, surtout quand on sait que la voiture reste le premier mode de transport en France. [pour 62,8 % des 181 millions de déplacements quotidiens*]. Cependant, les trajets du domicile à l’école ont la particularité d’être courts. En moyenne, les écoliers habitent à moins de deux kilomètres de leur école. On fait 5 km pour un collégien, et un peu plus pour un lycéen. La navigation active fait parfaitement face à ces distances. Ils sont souvent plus rapides qu’une voiture, surtout dans les zones urbaines.

Ainsi plus de 30% des trajets domicile en voiture sont encore beaucoup. D’autant plus que le bon quart du lot est celui des balades sans restriction. Ils se déplacent uniquement de la maison à l’école, sans s’étendre vers d’autres destinations, comme le travail. On peut facilement éviter ces 25% là, en montrant que prendre la voiture, dans ce cas, est souvent une perte de temps. Et cela vaut également les 75% restants.

La crise du Covid-19 a-t-elle redistribué les trajets entre le domicile et l’école ?

On aurait pu craindre une forte augmentation des déplacements en voiture. Ce n’est pas ce que nous avons observé dans nos sondages au cours des deux dernières années. Au contraire, le gagnant marche. Il a gagné 2 à 3 % de la participation type, et est passé de 25 à 28 % en un an. Le problème est que cette augmentation s’est faite principalement au détriment des transports en commun. La part de la voiture est restée stable.

Qu’est-ce qui rend impossible la réduction du covoiturage ?

Il faut prendre le problème dans l’autre sens, en regardant ce qui empêche l’utilisation du soft motion. Le premier obstacle que les parents ont évoqué, à juste titre, ce sont les conditions de sécurité. S’ils ne sont pas réunis ou si nous pensons qu’ils ne le sont pas, nous n’emmenons nos enfants qu’en voiture.

Mais le serpent se mord la queue : de nombreux parents disent qu’ils ne vont pas à l’école à pied ou qu’ils ne laissent pas leurs enfants le faire parce qu’il y a trop de voitures sur la route, et ils y ajoutent cela. C’est tout le cercle vertueux qu’il faut parvenir à créer aux abords de l’école : plus il y aura de personnes à pied ou à vélo, et plus les conditions de sécurité seront réunies pour pousser d’autres faire fa like that . Le défi n’est pas seulement de réduire les gaz à effet de serre. Il agit également sur la pollution atmosphérique et sonore, en favorisant l’activité physique ou en réduisant le stress des enfants, ce qui tend à améliorer la concentration en classe.

Alors, comment fonctionne Mobi ?

Cela commence par la phase de lancement, au cours de laquelle nous communiquerons sur le programme et la formation du comité MOBI. Il réunit la communauté (élus, techniciens), les représentants de la communauté éducative (proviseur, enseignants, etc.), les parents d’élèves, les associations de riverains, les étudiants, etc. C’est un rouage essentiel car ces programmes, s’ils ne sont pas coordonnés dès le départ, ne durent pas longtemps.

Vient ensuite le diagnostic avec les conditions d’accès à l’école et au transport. Autrement dit : qui vient et comment va-t-on à l’école ? Puis un business plan est élaboré en trois grandes familles. La première touche aux infrastructures c’est-à-dire aux aménagements à faire autour de l’école, voire à reprendre tout le plan de circulation parfois lorsqu’il est perçu comme très accidentogène. L’autre comprend les procédures de transfert conditionnel. Ce sont tous les services que nous pourrons offrir pour que les parents puissent choisir des modes de déplacement actifs ou partagés. Par exemple, la création d’un service d’autopartage ou le service Pédibus La Troisième Famille met l’accent sur l’acculturation à la mobilité. C’est le volet pédagogique du programme, où nous essayons de lancer et de susciter des discussions sur notre mobilité et l’impact qu’elle peut avoir sur notre empreinte carbone.

Combien de points l’école réussit-elle à réduire le pourcentage d’élèves arrivant et partant en voiture après le programme MOBI ?

Il est trop tôt pour le dire. Il a été lancé en 2018 et lancé dès la rentrée 2020, lorsque la pandémie de Covid-19 s’est un peu calmée. Jusqu’à présent, 192 écoles élémentaires et 41 écoles secondaires ont franchi cette étape. Mais Moby dure environ 2 ans**, donc les premières fondations viennent de se terminer. Cependant, de grandes tendances se dégagent d’une institution à l’autre. Beaucoup décident, par exemple, de construire des rues dans les écoles, parfois appelées rues des enfants. L’idée est très simple : aux heures d’entrée et de sortie, la rue qui dessert l’école est fermée à la circulation. Il suffit d’un arrêté municipal. On voit aussi beaucoup de construction de bus pédestres, de chicanes sur les sentiers, de garages à vélos, de garde-corps, d’élargissement des trottoirs…

Trop peu d’écoles ont encore travaillé sur un plan de déplacement scolaire ?

Il y a environ 60 000 écoles en France qui ne fonctionnent que dans 300 programmes MOBI actuels. Certes, tout est loin de se limiter à ce programme. PDES existe depuis longtemps et d’autres bureaux d’études apportent leur soutien. Mais nous avons encore un long chemin à parcourir. Malheureusement, nous construisons encore aujourd’hui les établissements – lycées et collèges en périphérie de la ville notamment – sans se soucier de la façon dont les étudiants peuvent s’y rendre avec une navigation facile. Pourtant, de la mise en place progressive des Zones à Faibles Emissions (ZFE) à l’augmentation du prix des carburants, tout concourt à penser la mobilité environnementale de l’école. C’est un excellent début pour une communauté qui veut travailler sur les déplacements sur l’ensemble de son territoire, car nous opérons dans un cadre géographique restreint, sur des routes bien définies.

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