Avec la rentrée du parti Ennahda, la mouvance Macron va-t-elle reprendre le travail ?

C’était le 6 avril 2016. Une date qui ne dit rien à la plupart des Français mais qui est dans la tête de tous les « piétons ». Ce jour-là, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, à Amiens (Somme), où il est né et a grandi, lance son En Marche !, Un nouveau mouvement politique, via mon parti, ni gauche ni droite, ouvert à tous. L’idée était simple : tourner la page “Anciens partis politiques”responsable, selon le locataire de Percy, de paralyser le débat public, et de faire de la politique autrement.

Près de six ans plus tard, le rôle était incroyable. En marche ! , rebaptisée La République en marche (LREM), s’apprête à devenir la Renaissance, samedi 17 septembre, lors d’une conférence au Caroussel du Louvre. Les militants, à moins qu’ils ne soient surpris, devraient adopter la nouvelle organisation proposée par le chef de file de Macron au Parlement européen, Stefan Sigourney, le futur successeur de Stanislas Guerini, l’actuel patron de LREM.

Une nouvelle organisation n’envisage pas plus ou moins d’adopter un format de parti classique, avec des militants qui paieront des cotisations et ne pourront plus adhérer à un autre parti politique. « L’ancien monde était bon !s’amuse Nicolas, président de la commission LREM chez Curie. “Nous apprenons de ce qui n’a pas bien fonctionné ces dernières années”Veuillez dire Astrid Panossian Buffett, députée de Paris et co-fondatrice d’En Marche !. “On ne va pas révolutionner ce truc, c’est un pas de plus”De son côté, il sous-estime le cadre LREM.

« Ne vous méprenez pas : à partir du moment où nous avons remporté l’élection présidentielle, nous nous sommes institutionnalisés et sommes devenus un parti politique d’État.

Décor Renaissance

à franceinfo

Par conséquent, ce changement a été enregistré dans le passé en faisant du mouvement présidentiel un véritable parti politique. Un virage nécessaire pour la plupart des députés LREM interrogés par franceinfo, mais certains n’y croient pas. Ou plus.

Il faut dire que le mouvement a perdu de son lustre. Sur le papier, il compte 420 000 membres. En fait, ils sont dix fois moins susceptibles d’être actifs. Seulement 26 000 personnes voteront sur les nouvelles lois. François Patriat, le chef de file de Macron au Sénat, a en son temps dénoncé le parti “Clics”. Il vous suffira de parcourir le site qui regroupe les différents comités locaux de LREM pour y parvenir.

Beaucoup a été abandonné. “Les comités ont complètement explosé, nous en avons une quinzaine, nous n’en avons qu’un actif, il est complètement en train de mourir.”dénonce Hervey, le militant dans le Cantal. “On s’est retrouvé avec trois ou quatre personnes d’autres structures locales, ce n’est pas si important”, Jules*, co-animateur de Comité sur la Côte Atlantique. Flores, animateur dans le Calvados, invoque aussi le Covid et les mauvaises décisions des dirigeants pour expliquer l’interruption des dynamiques de mouvement au niveau local. “Quand il a fallu relancer la machine, ça a été compliqué. Le mouvement parisien, très centralisé, a voulu reprendre la main en cherchant à établir une liaison directe entre les adhérents et le siège”Il dit.

“Ils ont contourné la structure du district et vidé les comités locaux de leur contenu.”

Flores, chef de commission dans le Calvados

à franceinfo

Flores n’est pas le seul à être très déconseillé “vertical” Où les décisions se prennent à Paris. Tout le monde en parle. “On a vécu un peu de parisianisme chez nous”confirme Nicolas de Correz. “La promesse de Macron était de prendre le pouls du terrain et de remonter le moral. On a fait le contraire, c’est impressionnant”Joël respire. Sur le fond, la promesse de débattre des idées a été largement entachée, selon son expérience.

“Nous organisions des ateliers montés par la nation, qui étaient imbuvables. Ils étaient faits par des technocrates et devaient être adaptés pour que les gens puissent les comprendre. Rien n’en est sorti.”

Jules, président de la commission LREM .

à franceinfo

Ce manque de présence locale et de structures organisées sur le terrain est en partie responsable des mauvais résultats du grand parti aux élections municipales ou régionales et locales. Les militants ont également eu la mauvaise surprise de voir émerger une réaction politique sous le contrôle de l’Adacic. L’équipe de Macron a promis de faire de la politique autrement, et nous sommes vite revenus aux atours de l’ancienne politique.note un ancien membre de la majorité, a été passé à tabac en juin. “A Korez, nous sommes de retour dans l’ancien monde, avec des gens qui ne veulent pas abandonner le pouvoir et s’accrocher au pouvoir.”dit Nicolas.

Bien conscients de ces lacunes, les détracteurs de Macron promettent que la nouvelle organisation du parti permettra de mieux écouter les régions, les adhérents versant ainsi une cotisation – dont le montant sera déterminé par de futurs statuts – et les élus locaux disposant de plus de moyens. . “L’idée est que la Renaissance soit le parti le plus décentralisé de la Ve République. Nous sommes en train de nous reconstituer”garanties de mouvement.

Le changement de direction est largement apprécié. “Je suis l’un des premiers “marcheurs” à avoir constamment appelé à transformer le mouvement en fête. Le but est de se muscler pour pouvoir résister à la fête organisée”explique Bertrand Mas Freycin, référent administratif des Bouches-du-Rhône. “En route ! Elle était tellement attirante mais elle a montré ses limites, on ne peut plus la dépasser”décrit Christian, président du comité de Crosse.

“Ça aurait été bien d’inventer autre chose. Mais quand ça ne marche pas comme on veut, il faut savoir y revenir.”

Christian, président de la commission LREM de Cruise

à franceinfo

Le nouveau parti verra aussi le retour au bercail de la figure d’Emmanuel Macron, qui a paradoxalement pris ses distances avec le mouvement qu’il a créé. Il sera le président d’honneur de la Renaissance. “C’est un acte très puissant pour les militants de base, qui ont intériorisé ce sentiment d’aliénation vis-à-vis du président.”Accueillir Bertrand Maas Fresenite.

Le retour du président, qui n’est pas anodin depuis la Renaissance, visera surtout à préparer l’après-Macron. En 2027, l’actuel chef de l’Etat ne pourra plus se représenter car la constitution l’interdit. En nommant parmi les secrétaires généraux des poids lourds du gouvernement tels que Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, jusqu’ici restés à l’écart des affaires LREM, Macron espère éviter les chefs de guerre et contrôler la très sensible succession au président. . Un pari que seul l’avenir déterminera s’il est vainqueur ou non.

En attendant, si les militants saluent le virage de leur mouvement, l’enthousiasme est loin d’être débordant. “Je suis pratique, je fais ce qu’on nous a donné. Il y avait un besoin, on verra comment on peut tout avoir”Flores souligne. Mais peu d’autres ne croyaient plus en lui, comme Hervey, dans le Calvados.

“Ils pensent qu’il est bon de changer le nom et de renouveler les ordonnances, mais le mal va plus loin que cela. C’est une épée dans l’eau.”

Hervey, militant du Calvados

à franceinfo

Cet homme d’affaires ne doit pas fermer la porte à la Renaissance comme Jules s’apprête à le faire. Un membre d’Horizons a choisi le parti d’Edouard Philippe – “Moins d’imagination mais plus réel et efficace” – Parce qu’il ne pourra pas appartenir aux deux partis politiques. « Je ne donnerai aucune énergie supplémentaire à cette aventure. En 2016, Emmanuel Macron a écrit une “révolution” et il ne s’est presque rien passé au niveau du parti”, dit Jules, qui décrit ses deux années à la tête d’un comité comme “Trop de problèmes, pas trop.”

Chrétien, il survivra jusqu’à la Renaissance. En se demandant ce qu’il adviendra de son petit paradis il essaie avec les autres Préserver. “Si, avec la Renaissance, on peut se structurer, c’est bien. On fera des actions combatives comme tous les autres partis.” Quant à la formation présidentielle, ce sera alors une nouvelle page, qui ressemblera beaucoup à ce qu’Emmanuel Macron voulait réformer il y a six ans.

* Le prénom a été changé à la demande de la personne concernée.

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