Berlin contrôle les activités du groupe russe Rosneft en Allemagne

Le bras de fer énergétique entre Berlin et Moscou a franchi une nouvelle étape le vendredi 16 septembre 2022 alors que l’Allemagne mettait sous tutelle les activités du géant russe Rosneft dans le pays, afin de ” Croire à ” l’approvisionnement en pétrole.

Les filiales de Rosneft sont situées en Allemagne, qui représente 12 % de la capacité de raffinage de pétrole du pays “gestion de crédit” Forcée par l’Agence nationale qui gère les réseaux électriques, annonce le ministère de l’Economie.

Avec cette tutelle “Il s’agit de répondre aux risques affectant la sécurité d’approvisionnement.” Le ministère a déclaré l’énergie du pays.

Les filiales Rosneft Germany (RDG) et RN Refining & Marketing (RNRM) détiennent des participations dans trois grandes raffineries du pays.

Ainsi, le gouvernement allemand contrôle la raffinerie PCK de Schwedt, dans l’est du pays, dont Rosneft détient une participation majoritaire (54,2 %) et qui approvisionne en carburant la capitale, Berlin, son aéroport et toute la région.

Dans les deux autres sites impliqués, MiRo à Karlsruhe et Bayernoil à Vohburg, Rosneft détient une participation minoritaire avec d’autres grandes compagnies pétrolières occidentales.

La tutelle prend effet le vendredi et est initialement limitée à six mois.

De cette façon “Nous nous rendons moins dépendants de la Russie et des décisions qui y sont prises”a déclaré le chancelier Olaf Schultz lors d’une conférence de presse.

Dans un communiqué, Rosneft a dénoncé A “Décision illégale” Et le Violation de tous les principes fondamentaux d’une économie de marché.

Le groupe pétrolier russe analysera “tous les recours possibles pour protéger les actionnaires, y compris aller en justice”.

Précédent dans le gaz

Déjà début avril, Berlin a pris le contrôle de l’ancienne société allemande de Gazprom, Gazprom Germania, pour sécuriser cette fois l’approvisionnement en gaz.

Depuis, le gouvernement allemand a dû débloquer 9 à 10 milliards d’euros d’aide pour sauver cette entité menacée de faillite.

Désormais, l’approvisionnement futur en pétrole doit être garanti, après que l’Union européenne a décidé d’imposer un embargo sur le pétrole russe après la guerre déclenchée par Moscou en Ukraine.

La raffinerie de Schwedt ne traite jusqu’à présent que le pétrole russe transporté par l’oléoduc Druzhba (« amitié » en russe). Mais puisque Berlin s’est engagé à mettre fin aux importations russes d’ici la fin de l’année, le gouvernement doit forcer la conversion du site.

Par le contrôle, Berlin veut aussi empêcher la raffinerie de confisquer certains actifs par leur propriétaire, voire de les liquider purement et simplement, faute de liquidités suffisantes ou de pétrole russe.

à Schwedt, « Nous aurions pu nous retrouver dans une situation où la sécurité des approvisionnements n’était plus garantie.Le ministre de l’Economie, Robert Habeck, l’a souligné devant la presse.

Quel avenir pour Schwedt ?

Berlin cherche depuis des mois des alternatives au pétrole russe pour assurer la continuité de l’activité de Schwedt, un site industriel situé à une centaine de kilomètres de Berlin.

Sur place, les 1 200 salariés de cette ancienne usine communiste d’Allemagne de l’Est, approvisionnée en pétrole russe depuis les années 1960, s’inquiètent pour l’avenir.

“Nous devons faire en sorte que les travailleurs n’aient pas à se soucier de leur avenir”M. Schultz a signé vendredi un plan de conversion de la raffinerie.

Le gouvernement et les régions entendent consacrer “Plus d’un milliard d’euros” au cours des prochaines années.

L’idée est que la raffinerie puisse être approvisionnée en pétrole par les ports de Rostock dans le nord du pays et de Gdansk en Pologne.

Pour cela, le pipeline relié à Rostock sera “moderne” Afin que les flux les plus importants puissent être dirigés vers Schwedt, des discussions parallèles sont en cours avec Varsovie.

Mais la chancelière et son ministre n’étaient pas sûrs vendredi que les quantités de pétrole russe traitées sur le site puissent être intégralement compensées par des livraisons alternatives.

“Nous avons de bonnes chances d’obtenir suffisamment de pétrole pour faire fonctionner la raffinerie.”dit M. Habeck.

La plus grande économie d’Europe a fortement réduit sa dépendance vis-à-vis des importations de pétrole russe, qui représentaient 35 % de son approvisionnement avant la guerre russe en Ukraine.

Dans le même temps, la Russie a pour l’instant stoppé les livraisons de gaz au pays, qui ne pourra pas le remplacer totalement avant 2024, selon les dernières prévisions gouvernementales.

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