Génération Z : après la grande démission, début de la grande évasion ?

Une année sabbatique, un tour du monde, un voyage à vélo, le chemin de Compostelle… Cette année, de nombreux jeunes ont décidé de partir au large. Après deux ans d’infection par le virus Covid et des perspectives environnementales sombres, tout le monde cherche la gravité de l’infection. Et agissez comme si vous deviez rapidement profiter d’un monde menacé par le chaos. Comme la Grande Démission, le général Z sera tenté par la Grande Évasion.

“Le futur est sombre. Chaotique. On ne s’anticipe plus dans le futur dix ou vingt ans. On veut vivre dans l’instant.” Entre un job intéressant et son envie de voyager à travers le monde, elle a choisi Jo, qui termine son bac à Science Po. “J’ai décliné l’offre d’un bon CDI, non pas parce que je n’aimais pas les tâches, mais parce qu’à 22 ans, je ne m’imagine pas enfermé dans une routine de bureau. Tant que je suis jeune, je recherche une intensité de vie que je n’ai pas dans le milieu professionnel traditionnel.

Pierre-Louis, également diplômé de Sciences-po, a commencé cette semaine les vendanges dans une exploitation viticole près de Bordeaux. La première étape avant de naviguer en janvier 2023 vers le Maroc puis l’Amérique Latine. Son diplôme, qu’il a obtenu, n’a qu’une envie : “voyager”. Et l’insistance : “Pas de limite de temps.”

Louise, 25 ans, part en Asie, après deux ans de formation dans un grand média.

Comme eux, de nombreux jeunes de la génération Z, nés dans la seconde moitié des années 1990, rêvent d’émigration. Surtout parmi les diplômés des cours populaires. Comme si les aspirations d’enfance d’un bon élève n’avaient plus beaucoup de sens. Ou comme si, sous la tutelle de leurs pairs, ils étaient plongés dans des cours prestigieux sans réel intérêt.

Ceux qui pouvaient économiser, entre deux cycles, à la fin de leurs études, fantasmaient de découvrir le monde et de s’éloigner un temps du rythme circadien ; Parfois sans date de retour, limitant notamment leur entrée sur le marché du travail. La jeune génération veut s’évader.

Voyager pour donner du recul et du sens

“La fin des études, c’est le moment de partir”, explique Timothy, qui vient de terminer son master à Sciences Po. “C’est très difficile de partir quand on rentre dans le monde du travail”, juge le jeune de 22 ans. Que veut-il faire ensuite ? “Je ne sais pas. J’aimerais un travail utile, mais c’est difficile de s’imaginer soi-même.”

Malgré des études prestigieuses, et une dernière année en alternance censée faciliter l’insertion sur le marché du travail, aucun de ces jeunes, diplômés de filières recherchées par les employeurs, n’a pu se transformer en professionnel tangible légitime. D’ailleurs, Pierre-Louis s’est vite rendu compte qu’il n’allait pas évoluer dans cette direction.

De si grands voyages étaient rares en France, et les biographies ne devaient laisser aucune ligne vacante. Il fallait passer de bonnes études à des stages prestigieux pour trouver un bon emploi.

Mais depuis le développement des échanges Erasmus, avec près de 100 000 étudiants français, partant chaque année étudier dans un autre pays, une nouvelle culture s’est implantée, qui valorise les longs trajets tout en étudiant.

Les écoles ont également organisé ces années sabbatiques. Beaucoup proposent désormais une option payante pour “réserver” sa place entre licence et master et un congé d’un an avec garantie de reprise de formation. A l’Edhec, par exemple, une année de césure est prévue dans le programme Grande Ecole “qui est massivement choisi par les étudiants”, selon l’école de commerce.

Sentiment de perdre du temps

Il est difficile de chiffrer avec précision ce phénomène d’évasion ou d’estimer le nombre de jeunes qui se sont lancés dans ce type d’aventure. En France, environ 20 % des 20-24 ans n’étaient ni en emploi, ni aux études, ni en formation (NEET) selon l’INSEE en 2019. Aux États-Unis, la tendance est similaire. Selon le Bureau of Labor Statistics, le département américain du Travail, près d’un quart des jeunes américains âgés de 20 à 34 ans ne travaillent ni ne cherchent d’emploi à l’automne 2021.

C’est à travers ces envies en pleine mer que l’on peut se rendre compte de l’épuisement – voire du rejet – du monde du travail actuel chez les jeunes. Un changement majeur, conséquence directe de la pandémie de COVID-19, qui a contraint le monde à rester chez lui pendant plusieurs mois. Selon une étude sur la génération Z et des travaux menés par la plateforme TalentLMS et l’entreprise technologique BambooHR début 2022, plus de 20% des jeunes américains interrogés quitteront leur emploi dans les 12 prochains mois. Les principales raisons sont une rémunération insatisfaisante, un déséquilibre entre le travail et la vie personnelle et le manque d’intérêt pour leur travail.

Cette dernière raison, Roman, 22 ans, l’a testée pendant son année étudiante en travaillant pour une entreprise responsable des politiques de responsabilité sociale des entreprises dans les petites et moyennes entreprises. « On m’a demandé de faire des résumés, raconte-t-il. “Ce n’est pas très valorisant. Ensuite, je m’attendais à en faire plus. J’aurais pu faire le travail qu’on me demandait en 15 heures”, a déclaré le jeune homme, également parti en Amérique latine début 2023. “Ça m’inquiète pour les 40 années de travail qui nous attendent.”

Investir dans la transformation environnementale

Pierre-Louis souhaite interrompre ses études à Sciences-Po et auprès des institutions. Il admet : “C’était trop lourd, trop politique, et je ne veux pas être PDG.” “J’ai besoin de la terre et j’aime cultiver pour cela.” Son parcours servira à découvrir les différents modes d’exploitation agricole dans le monde, “pourquoi pas reprendre une ferme à ma manière”, estime-t-il. Roman n’aime pas non plus “faire des choses abstraites sur l’ordinateur”. Il veut s’investir dans une cause concrète, pour « retrouver le bénéfice » d’un projet, notamment au profit du climat.

Pour Timothée, il a déjà tout trouvé. Il fait un tour d’Europe à vélo et souhaite développer un projet de sensibilisation à l’environnement auprès des enfants. “C’est une façon de voir autre chose après cinq ans de théorie”, dit-il. Il a déjà créé son association et tentera de récolter des fonds pour les écoles primaires de Liburn, sa ville natale. “Je ne compte pas sur ce projet [pour trouver ce que je veux faire]Mais je compte sur cette année pour m’ouvrir d’autres horizons.

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