Que se cache-t-il derrière l’opération “Dead Island” ?

A Mayotte, où le sentiment d’insécurité est si fort, maires, parlementaires, conseillers départementaux et rassemblements citoyens ont dénoncé ce jeudi une situation d’une “gravité sans précédent”. Dans la foulée, ils ont lancé l’opération Dead Island à partir du 15 septembre et “jusqu’à nouvel ordre”. Sur cette île de l’océan Indien entre l’Afrique de l’Est et Madagascar, qui est un théâtre régulier d’affrontements entre gangs ou avec la police, la criminalité est élevée, bien plus élevée qu’en France. 20 minutes Un bilan de ce processus, qui intervient quelques semaines après la visite du ministre de l’Intérieur et des Emigrants Gérald Damarin, et après une rencontre d’élus à l’Elysée, avec le président de la République Emmanuel Macron.

Que se passe-t-il depuis jeudi à Mayotte ?

Les élus de l’archipel de Mayotte, 101e département français, où l’extrême droite s’est clairement imposée à l’élection présidentielle, ont décidé jeudi et “jusqu’à nouvel ordre” de fermer les écoles primaires et les administrations locales. Face à une situation d’une “gravité sans précédent”, maires, parlementaires, conseillers départementaux et groupements citoyens ont décidé de mener une opération “île morte” à partir du 15 septembre, promettant de revenir “à la normale une fois la situation apaisée et des solutions structurelles trouvées”. afin que la paix, la sécurité, la sérénité et le calme général reviennent”.

Dans la foulée, l’Association des maires a indiqué dans son communiqué qu’elle avait demandé au conseil départemental de “prendre toutes les mesures nécessaires pour que les transports scolaires ne fonctionnent pas à partir de jeudi”.

Pourquoi l’opération Dead Island est-elle critiquée ?

Les maires demandent “pas de transport scolaire à partir de jeudi” contrarie la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), qui s’inquiète de l’impact sur les élèves, arguant que “l’intérêt supérieur des enfants” “ne doit pas être sacrifié”.

Sur l’île, où l’âge moyen de la population est de 23 ans, contre 41 ans en métropole et où les transports en commun n’existent pas, de nombreux élèves savent effectivement être dans l’imcollsibilité de se rendre ou au In lycée. Mayotte est l’une des régions les plus pauvres de France, où petits et grands ne se sentent plus en sécurité. La FCPE précise dans un communiqué qu’il appartient à l’Etat (…) de trouver des solutions rapides à la situation qui perdure depuis si longtemps.

Dans une réaction mercredi matin à la télévision locale Kwezi, le gouverneur de Mayotte Thierry Suquet a pour sa part confirmé qu’il comprenait “l’indignation des habitants” mais a appelé à “ne pas laisser la rue aux pervers”. On sent que derrière ces troubles, on veut affaiblir la police, la gendarmerie, la justice et l’Etat, comme les collectivités locales. Ne lâchons pas prise, ce n’est pas le moment de fermer et de se rendre”, a déclaré le gouverneur.

Mayotte, une île en proie à la violence ?

Le sentiment d’insécurité est particulièrement fort à Mayotte, un archipel de près de 400 000 habitants qui a vu sa population quadrupler entre 1985 et 2017. Dans une analyse réalisée en novembre 2021, l’Institut national de la statistique et de l’information (INSEE) notait qu’« environ la moitié des personnes se sentent souvent ou ponctuellement en insécurité, chez elles ou dans leur quartier, soit cinq à six fois la population de la France.

Matthew est déjà régulièrement choqué par les flambées de violence entre gangs rivaux ou contre les forces de l’ordre, lorsqu’elles interviennent pour y mettre un terme. En 2021, le parquet de Mamoudzou a enregistré une augmentation de 25% des saisines liées aux faits criminels sur l’île et de 21% des délits. Quatre fois plus de plaintes pour cambriolages ont été enregistrées qu’en France métropolitaine, et les agressions physiques y sont plus fréquentes. Une insécurité alimentée par l’extrême pauvreté : 194 000 Mahoris, soit 74 % de la population, vivent avec un niveau de vie inférieur à 50 % de la moyenne nationale, selon l’Institut national de la statistique et de la statistique (INSEE).

Début septembre déjà, bagarres et mouvements de foule émaillaient le concert du rappeur Niska, qui se tenait dans la capitale, Mamoudzou. Des sources policières ont indiqué que cette dernière s’était transformée en émeute, faisant des dizaines de blessés légers. Après près de deux heures d’affrontements, deux personnes ont été interpellées. En février, en raison de l’insécurité, les habitants ont bloqué l’accès à leur quartier pendant plusieurs jours et ont tenté de bloquer les voies de circulation.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, lors de sa visite à Mayotte fin août, avait relevé que la police et la gendarmerie avaient évoqué « à l’exception des mineurs de 11, 10 et 9 ans, qui portaient des haches et des machettes, et qui ont agressé des policiers et gendarmes ». Enfin, l’administration française a connu une vague de violence ces derniers jours, avec des barrages routiers et des affrontements entre gangs rivaux et policiers et des bus et véhicules scolaires lapidés.

Quelles sont les propositions du gouvernement ?

En mai, des élus à l’étranger ont demandé à discuter avec l’État d’un “changement de politique profond” pour l’aide au développement dans leurs régions pauvres. Début septembre, Emmanuel Macron recevait une cinquantaine d’élus de Saint-Pierre, Miquelon, Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barthélemy, Guyane, La Réunion et Mayotte. Le président “a voulu mettre l’accent sur la sécurité (…) sur la lutte contre la vie chère (…) et l’impact de cet archipel français tout en renforçant la coopération régionale”, commente alors l’Elysée dans un communiqué.

L’exécutif a immédiatement annoncé vouloir donner aux élus étrangers “la latitude d’imaginer des solutions sur mesure” aux problèmes de sécurité et de vie chère qui affectent ces régions. De son côté, la Première ministre Elizabeth Bourne a confirmé qu’elle convoquerait un comité ministériel des territoires d’outre-mer “d’ici six mois” pour travailler sur cette base à une première série de décisions.

Plus tôt, mi-août, le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, avait annoncé la création d’un Centre fermé d’éducation (CEF) à Mayotte. “Ce nouvel établissement proposera une offre éducative sur mesure, considérée comme une alternative à l’incarcération, aux mineurs les plus enracinés dans la délinquance”, a expliqué le ministère dans un communiqué. Il devrait être opérationnel fin 2024.

Mayotte en octobre 2011. – Julian Menel / 20 minutes

Enfin, Gérald Darmanin, qui s’est rendu fin août sur l’île de Mayotte, a annoncé qu’il ferait des propositions pour ouvrir des “lieux de réinsertion et de récupération” pour les mineurs délinquants, sous la tutelle de militaires. Le ministre a également demandé au directeur général de la police nationale “d’étudier la possibilité d’utiliser des armes intermédiaires, que nous avons utilisées ici quand il y a eu des émeutes, quand la rafle est venue”, lors des querelles entre les palais. Enfin, il a présenté les nouveaux moyens maritimes et aériens de lutte contre l’immigration clandestine.

A noter que la Cour des comptes a récemment dénoncé le fait que les autorités de Mayotte n’aient pas répondu aux attentes des Maher “sur les plans social, économique et sociétal” et recommandé de travailler avec les acteurs régionaux pour lutter contre la corruption. Immigration clandestine et perspectives d’un développement sûr. En 2016, la Cour des comptes notait déjà la préparation insuffisante des administrations de Mayotte en 2011, une réforme institutionnelle « mal vécue », qui, bien qu’elle n’ait rien à voir avec les crises vécues par l’archipel, « n’a presque guère facilité la décision ». ”.

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