Teddy Reiner : “Si je devais me tenir sur le tapis avec une jambe cassée aux Jeux olympiques de 2024, je le ferais”

” Comment allez-vous ?
comment ça va. Un peu frustré de ne pas pouvoir aller à ce championnat du monde (6-13 octobre en Ouzbékistan). Nous avons fait le nécessaire en termes de soins, de prévention et de traitement dans la mesure du possible. Mais vu la blessure qu’elle a eue et l’opération qu’elle a pu éviter, je suis quand même contente de nous dire qu’elle est attachée, elle est toujours en train de guérir, et les deux ligaments vont bien, mais le troisième n’est pas encore bon. Nous restons positifs. Mon objectif, ce sont les Jeux olympiques de Paris. Alors on va pas se précipiter, on est dans une saison avec deux championnats du monde (en octobre, puis mai 2023 au Qatar). Ne vous précipitez pas, mon “objectif” c’est vraiment les JO en 2024 : ne ratez pas ce rendez-vous, soyez sages.

De quoi souffre exactement votre cheville droite ?
Je voudrais comprendre les termes techniques des médecins. On va dire que l’entorse est grosse. Au départ, l’un des ligaments était touché, c’est ce que nous avons vu sur les photos. Enfin, il y en avait pas mal à l’avant, sur les côtés et à l’arrière.

Comment ai-je eu cette blessure fin août lors d’un stage au Maroc ?
Dernier combat d’entraînement, dans les 20 dernières secondes, je fais un o-soto-gari, mon partenaire va tomber sauf que je réalise que je vais prendre le puits de la pièce alors je me déplace latéralement pour éviter le puits sauf que l’action tire. Le partenaire en l’air repose sur mes chevilles. et craquer.

As-tu compris que ça pouvait être grave ?
En fait, je n’ai pas voulu toucher ma cheville tout de suite parce que j’ai entendu le craquement et ça m’a fait peur. Quand on m’a dit, aucun os n’est sorti, ni cassé, j’ai été soulagé. J’ai dit que j’avais entendu un craquement, quelque chose se passait, ils m’ont expliqué que le ligament faisait ce bruit.

Comment accueillez-vous cette blessure ? Il y en avait un sur un genou avant les Jeux olympiques de Tokyo et maintenant ça…
C’est autre chose. Ce qui se passe avec les employés reste avec les employés. Toujours comprendre pourquoi et comment. J’aimerais comprendre ce qui m’arrive. Si cela arrive, ce n’est pas un hasard. Mais ne répétez pas les erreurs des saisons précédentes car je ne veux pas que cela m’arrive, un mois, trois mois ou six mois avant les Jeux. Je ne veux pas manquer cette rencontre et je ferai tout ce qu’il faut pour être le meilleur.

Vous avez retrouvé une belle dynamique en remportant le Grand Chelem de Budapest le 10 juillet, après un an sans compétition. Cela vous empêche-t-il de suivre cet élan ?
Mieux vaut m’interrompre maintenant qu’avec cette grosse échéance qu’est les JO. J’ai déjà pu obtenir tout ce que je voulais, donc c’est un bonus d’être à Paris, à la maison et j’espère gagner l’or deux fois (individuellement et collectivement), c’est un bon objectif. Si ce n’est pas le cas, je ne serai pas déçu. L’essentiel est de donner tout ce que j’ai, de faire ce qu’il faut. Je sais que c’est possible. Je ne suis pas inquiet, on est encore dans deux ans, c’est beaucoup, ce n’est pas tant que ça non plus.

“Je serai de retour sur le tapis pour le mondial de Doha (en mai 2023)”

Quand le judo reprendra-t-il ?
Les médecins m’ont dit (Mon) cinq semaines.

Et côté concurrence ?
Le calendrier n’a pas encore été établi. Ce que je peux dire, c’est que je serai de retour sur le tapis de sécurité à Doha pour les royaumes (en mai 2023). Mieux vaut les obtenir et conserver le titre plus longtemps que de l’obtenir (en octobre) et le garder très court. C’est la blague !

Y aura-t-il d’autres compétitions avant ?
naturellement. Mais la saison 2022-2023 sera la plus grande compétition au monde. Avant décembre, il y a un maître.

Il y a aussi un Euro Mixte à Mulhouse, le 12 novembre, que vous n’avez jamais gagné…
Sans courir derrière la montre, pourquoi pas si ça va. Mais je ne monte dans ces ligues que s’il y a l’équipe 1. C’est le seul titre qui me manque. Je peux physiquement parce que, depuis la blessure, j’ai toujours continué à m’entraîner, donc seul le haut du corps est correct, mais quand vous pouvez travailler la jambe gauche, vous le faites. Une fois que les médecins m’auront dit OK à droite, nous commencerons.

Après votre expulsion, Josef Terhic est le titulaire des +100kg aux Mondiaux d’octobre qui aspire à remplacer le numéro 1. Cela vous dérange-t-il d’avoir des substituts aux dents longues ?
Non, au contraire c’est très bien. Tout au long de ma carrière, on m’a dit que j’étais protégé. Que protégez-vous ? Quand serai-je champion du monde et recommencerai-je ? On pourra donc voir tous les gens se dire “je vais mieux ou je peux le faire”. Il y a une chance là-bas, nous verrons.

Avec le temps, êtes-vous plus fragile ?
Je ne dirais pas ça. Quand je discute avec mon employeur qui remarque tout, il n’y a pas de compétition où je n’ai pas été blessé. Le judo est un sport douloureux donc il faut faire face aux blessures. A 33 ans, il faut redoubler de prudence, ne pas prendre ces choses à la légère. Quand j’étais plus jeune, je pouvais contourner les demandes médicales. Aujourd’hui, je les écoute beaucoup. Parce que l’objectif, ce sont les Jeux Olympiques et je ne veux pas rater ça.

“L’objectif, c’est Paris 2024. Je ne veux pas le rater”

Cela pourrait-il devenir un casse-tête dans votre préparation ?
Non, c’est un accident qui n’aurait jamais dû arriver. Vous me direz que c’est quand même un championnat du monde, oui mais j’en ai dix (titres). Il y en aura d’autres. En mai, il y en a un, ça va.

Avez-vous peur que votre corps vous dise d’arrêter d’ici 2024 ?
Mais mon corps me dit déjà stop mais je ne l’écoute pas. Je m’améliore avec le casting pour durer jusqu’en 2024. Mais je suis sur des tapis (de judo) depuis plus de 15 ans donc mon corps crie et s’exprime le plus possible sauf que je le mets en sourdine. Si je devais marcher sur le tapis en 2024 avec une jambe cassée, je le ferais. Mon fils me dit souvent « Papa, tu peux continuer jusqu’en 2032 ? » Écoute papa, ça va durer jusqu’en 2024 et on en reparlera ! C’est mon plaisir mais il y a aussi le corps, le moment où l’on a envie de tourner la page, d’être à la maison avec mes enfants, de s’occuper d’eux. Je ne veux pas rater des moments de la vie de mes enfants car je suis aux quatre coins du monde en formation. Il faut être moins égoïste à un moment donné.

Alors tu ne nous parles plus de 2028 ?
(Surpris qu’on lui rappelle ce qu’il a annoncé l’été dernier) 2028 est toujours dans un coin de ma tête et si je devais changer ma façon de voir les choses avec les enfants, on s’adapterait. Mais je revis en partant aux quatre coins du monde à la recherche du meilleur. Cela faisait si longtemps que je n’avais pas eu ce niveau d’excellence en coaching, depuis que je me sentais si heureux. »

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